Billet d'humeur

Primaire, primaire, quoi de neuf ?

17 novembre 2016

 Ce mercredi 8 février :


Après un week-end très riche en actualités politiques, essayons de faire le point sur les principales candidatures à l'élection présidentielle. F. Fillon reste en difficulté malgré sa conférence de presse. Les sondages à venir nous éclaireront sur l'ampleur des dégâts. Ce qui renforce la position de M. Le Pen qui profite bien de cette situation. Ainsi que E. Macron, qui, sans avoir encore dévoilé tout son programme, continue son ascension, profitant tout simplement du marasme du candidat de la droite, arrivant ainsi en deuxième position derrière le Front National. Sur sa gauche, B. Hamon et  J.L.Mélenchon se disputent le leadership appelant à l'unité sur"un programme de gouvernement". Mais sur quelles bases et avec quelle majorité de députés ?


 


Et là, tout devient difficile. B. Hamon essaie de prendre en main les candidats socialistes,  investis le même jour que lui par le PS, mais qui, à environ 65%, ont soutenu le gouvernement Valls et qui ont fait le choix de rester dans la maison PS malgré leurs profondes divergences avec lui. En cas de victoire (à laquelle ils ne croient pas) ils pourront jouer eux aussi aux "frondeurs" bloquant les initiatives présidentielles. Hamon sera l'arroseur arrosé !


Par contre, en cas de défaite de B. Hamon (qu'ils escomptent bien !) qui ne parviendrait pas au second tour de la présidentielle, ils seraient en position de force pour prendre le parti en main. Voilà donc en quoi consiste cette "unité" recherchée évitant ainsi l'explosion annoncée. Nous sommes dans les grandes manoeuvres politiciennes où les uns et les autres cherchent à sauver leur mandat de député ou de responsables au sein du parti socialiste. Et les français dans tout cela ? Ils devront attendre car ils ne sont pas la préoccupation majeure de tous ces politiciens. Les électeurs ne manqueront pas de s'en souvenir.


Quant à l'unité entre Hamon et Mélanchon, elle est impossible, chacun ayant clairement annoncé qu'il y aura bien un bulletin Hamon et Mélanchon dès le premier tour. Et J.L. Mélanchon ayant bien mis en garde B. Hamon qu'il ne peut envisager un rapprochement avec lui  que si il écarte les candidats à la députation, investis par le PS, qui ont soutenu le gouvernement Valls. Accord impossible pour Hamon condamné soit à la rupture avec le PS soit à renier ses engagements de la primaire. Dans tous les cas de figure c'est la défaite annoncée.


Voilà où nous en sommes aujourd'hui 8 février : les deux grands partis de gouvernement, PS et LR, ne sont plus en mesure d'assumer leurs responsabilités, mettant en péril notre démocratie,  sauf si les français refusant la fatalité du F.N. décident de prendre en main leur destin. Tout reste donc possible.


 


 


L'après 29 janvier : Le cycle des "primaires" vient donc de s'achever avec la victoire de Benoît Hamon comme candidat du parti socialiste à l'élection présidentielle. Il va falloir attendre quelques jours pour mesurer l'ampleur de l'onde de choc, sur le PS, de la victoire d'un frondeur.


 


On peut se demander comment les députés socialistes qui ont soutenu Hollande et ses deux premiers chefs de gouvernement, la grande majorité du groupe socialiste, peuvent maintenant soutenir B. Hamon, sans se déjuger en leur âme et conscience et devant leurs électeurs ? Puisque, n'ayant pas réussi,  depuis 2014,  à renverser le gouvernement socialiste avec les autres frondeurs, B. Hamon veut maintenant détricoter les mesures phares du quinquennat qui s'achève et, de plus, a fait campagne sur des propositions fortes comme le Revenu Universel ou le 49/3 citoyen.


Or, rappelons que ces mesures n'ont jamais été débattues au sein des instances du PS et donc ne peuvent engager les élus socialistes. Voilà bien l'aspect vicieux de la primaire, telle qu'elle s'est présentée cette année, sans débat au sein du Parti, au moins sur les orientations fondamentales. Ceci confirme bien ce que j'ai déjà écrit, que la primaire s'est substituée au congrès du PS, faisant valider par "tout électeur adhérant aux valeurs de la gauche" au sein du PS et hors PS, pour "dégager" de la compétition l'ancien premier ministre de Hollande...avec le soutien, constaté, des électeurs du Front de Gauche, entr'autres ! Voilà le coup d'état réalisé par les frondeurs, avec la lâche complaisance ou l'incompétence du Bureau National du parti !


 


Les responsables socialistes, en voulant cette primaire, ont sans doute porté un coup mortel au Parti Socialiste, et la FFE et ses élus n'y échappent pas. L'appel à l'unité des "forces de gauche" est un enfumage qui masque mal le coup de force d'un candidat, qui ne représente que l'aile gauche minoritaire au sein  du PS mais qui a su, après avoir poussé dehors le président Hollande, proposé "un futur désirable", nouvelle utopie socialiste pour des lendemains qui chantent, mais sans en dire le prix !


En clair, en utilisant la primaire comme arme de destruction massive du "hollandisme" assimilé à la sociale-démocratie, Hamon et ses supporters socialistes mettent de fait fin à la tradition historique du Parti socialiste français depuis sa création en 1973. A savoir faire vivre ensemble, démocratiquement, (c'est le but des congrès...parfois si agités !) les différents courants du socialisme français, ce qui implique que pas un seul courant du Parti n'est propriétaire exclusif du label "socialiste". Certains élus et militants devraient consulter l'histoire du Parti Socialiste Français de 1905 à ce jour avant de condamner la sociale démocratie et de désigner ses défenseurs comme des "traitres". !


Une fois de plus, regrettons que ceux qui aujourd'hui se réfugient dans un socialisme radical, sont ceux-là mêmes qui ont été incapables de faire émerger la synthèse nécessaire depuis deux ou trois décennies, préférant se draper dans la vertu des principes et renoncer à l'exercice du pouvoir. Il est tellement plus confortable de donner des leçons  sans prendre le risque d'agir. Mettre en oeuvre le programme de Hamon c'est ouvrir la boîte de Pandore. Heureusement l'espérance reste au fond... Seuls les citoyens auront le dernier mot pour décider, dans l'urne.


 


Dans l'immédiat, rupture ou "unité de façade" pour quelques mois, c'est bien sans doute un autre cycle de l'Histoire du Socialisme en France qui va commencer. Mais il est trop tard pour qu'une Gauche de Gouvernement puisse prendre à la prochaine élection ses responsabilités vis à vis de tous ceux qui, en France, souffrent du chômage, de la précarité ou de la pauvreté, tous exclus du" vivre ensemble". Quelle faillite pour les socialistes.  Leurs électeurs ne manqueront pas de le faire savoir en refusant les arrangements d'appareil, quels qu'ils soient.


 


Ce lundi 23 Janvier 2017encore quelques jours d'attente et nous connaîtrons le nom du candidat qui représentera le PS à la présidentielle. Hamon-Valls ? Quel que soit l'élu, le risque d'implosion du parti socialiste et/ou la fuite d'une partie de ses élus et de ses électeurs vers d'autres choix est grand. Comme convenu, actualité brûlante à suivre sur ce site et sur la prochaine newsletter à venir.


 


jeudi 21 décembre, jour du solstice d'hiver où on célèbre la victoire de la lumièrer sur la nuit.


 


Ma réponse à un ami conseiller consulaire me reprochant d'avoir fait une analyse à charge dans ma dernière lettre :


"Mon intervention décrit un tableau repris par beaucoup d'analystes politiques. Je ne soutiens pas forcément ce qu'a dit ou fait Valls et je suis très déçu du quinquennat de 2012 à aujourd'hui. Socialiste depuis toujours et adhérent du PS de 1975 à 2011(ou 2012 ?) je suis peiné de voir dans quel état est ce parti qui, depuis l'échec de 2002, est incapable de se remettre en cause et de donner un espoir pour ces millions de français exclus du travail, ou aspirés dans la précarité et la pauvreté. Il y a une crise idéologique et c'est la première cause de la situation actuelle : le PS est incapable de définir une ligne politique majoritaire pour la France du XXIème siècle.


Ce qui s'est passé en 2011 (la primaire) puis l'élection de Hollande ne pouvaient qu'échouer. Hollande n'a été élu que par rejet de Sarkozi et sur des slogans démagogiques, comme "la finance est mon ennemi !" sans ligne politique socialiste approuvée par une majorité du parti. D'où la primaire qu'il a remportée ; ne pas l'oublier. Il n'a pas su, après sa désignation comme candidat à la présidence, prendre le contrôle du parti, ce qui est pourtant dans la logique de la primaire. Il s'est ainsi retrouvé avec une opposition interne, l'empêchant de mener sa"politique", faute d'une ligne directrice forte votée par un congrès du PS. Il fallait alors le laisser prendre ses responsabilités et attendre la fin de son mandat pour s'expliquer. Ou alors, si une majorité de cadres et de militants condamnait sa politique jugée "contraires aux valeurs et aux orientations  du parti", il fallait renverser son gouvernement, provoquer la dissolution et laisser la droite gouverner! Politiquement suicidaire. Hollande, Valls, Aubry et les autres... sont tous responsables de ce désastre qui nous a amené tout droit au triste spectacle que va nous donner la primaire. Primaire qui est bien "un congrès du PS" comme Benoît Hamon l'a dit publiquement dans une émission Télé. Merci Hollande d'avoir renoncé à une candidature hors primaire. C'était l'implosion certaine du PS.


Oui mon tableau est à charge contre les dirigeants nationaux du PS et les responsables des fédérations qui depuis bien longtemps n'arrivent pas à choisir entre le discours révolutionnaire et le discours social-démocrate ou autre ? La référence au mitterrandisme dans cette campagne est éloquente et complétement décalée. Moralité : tu dois savoir que l'échec prévisible va être très sévère et que les électeurs-citoyens du PS vont dire en clair : ou vous vous décidez à choisir une ligne politique claire et visible, rapidement (on vous donne 5 voire dix ans ) ou vous mourrez. Ils ne veulent plus maintenir artificiellement en vie un parti "historique" si son encéphalogramme est irrémédiablement plat."


 


Samedi 18 décembre,


 


C'est le lancement de la primaire socialiste, les autres candidats de"gauche" ne faisant pas le poids pour modifier la donne. Ils ne représentent qu'eux-mêmes ou si peu. Il s'agit donc bien d'un combat interne au PS, entre quatre candidats, tous anciens ministres du président Hollande pour savoir qui, demain après les élections (perdues), sera en position de force pour prendre le parti. Après avoir poussé hors de la compétition le président en place l'objectif est bien de sortir Manuel Vals de la primaire.



Voilà le singulier combat que vont nous livrer trois des protagonistes, devant les yeux effarés des électeurs socialistes et amusés de leurs adversaires.


Pourtant, objectivement, le seul parmi eux tous qui ait une réelle stature pour briguer un mandat présidentiel, est bien l'ancien premier ministre. En l'absence des éléphants du PS retirés ou partis rejoindre leurs congénères de droite au cimetière des éléphants - quelle hécatombe - ses challengers auront bien du mal pour convaincre. De même Manuel Valls, ministre puis chef du gouvernement, contesté par ses choix et ses méthodes, malgré ses qualités, a peu de chance de s'extirper du bilan présidentiel. Bref, à moins d'une forte participation à la primaire qui le soutiendrait contre le reste du PS, il a peu de chance de l'emporter.


La "primaire de la belle alliance" est donc bien un congrès du parti socialiste ; c'est une manipultion des électeurs pour pallier à la déroute idéologique et politique des responsables socialistes qui en sont encore au XXème siècle.


 


Après les municipales et les régionales, la présidentielle et les législatives risquent de laminer le PS. Alors...va-t-il en mourir, à moins d'un dernier sursaut salutaire ? Mais n'est-il pas déjà trop tard ?


 


Dernière minute : le Fédération des Français de l'Etranger du PS vient de diffuser son programme (pour le  Lire cliquer ici ) pour les législatives de 2017 - voir commentaires du 07 décembre - cliquer ici  - Une remarque s'impose quand même : curieuse méthode où on diffuse "le programme du futur quinquennat" sans savoir si les candidats à la primaire ont tous validé ce projet pour le mettre en oeuvre en cas d'élection. Où est l'erreur ? Ne serait-ce qu'un programme cache -misère ?


 


 


Mercredi 7 décembre,


Après le renoncement du président Hollande, voici donc la candidature de Manuel Valls à la primaire dite de la Gauche. Le parti socialiste va sans doute nous donner un spectacle inédit. Finis les congrès musclés, parfois violents, où s'affrontaient les "courants " à travers les Motions A, B ou C pour déterminer les orientations du Parti. Congrès où se faisaient les alliances parfois les plus inattendues pour écarter tel leader ou telle ligne politique trop sociale démocrate....déjà !  


Désormais, le parti n'ayant plus de projet politique cohérent et majoritaire ( voir ce qui vient de se passer depuis 2012), sans leader incontestable, fait appel "aux citoyens qui se reconnaissent dans les valeurs de la Gauche" pour désigner à la primaire le candidat ....du seul PS puisque tous les autres mouvements de gauche partent, chacun de son côté, à la bataille présidentielle. Alors y-aura-t-il des électeurs pour cette primaire réduite au seul  PS avec 5 ou 6 candidats ? Le verdict risque d'être cruel et à ce jeu il n'y aura pas de candidat de Gauche au deuxième tour de la présidentielle. En fait, il semblerait bien que la défaite soit déjà entérinée par le PS et que le véritable enjeu n'est pas la présidentielle mais la prise de contrôle du parti.


Dans ces conditions la primaire ne peut que déboucher sur l'implosion du PS quel qu'en soit soit le vainqueur ouvrant un boulevard à la droite la plus réactionnaire et à l'extrême droite.


Et les français de l'étranger dans tout cela ? Le PS vient de publier son projet pour eux - cliquer ici  - Comparez le avec les programmes des candidats à la primaire de la droite et cherchez la différence. AEFE, bourses, CFE, Fiscalité etc.... des copier-coller ! Par ailleurs rappelons la mésaventure du projet de la FFE du parti socialiste pour les législatives de 2012 avec la grande idée de créer une Région pour les français de l'étranger, avec assemblée délibérative. Projet rejeté sans appel par le nouveau gouvernement socialiste. Plus rien de "politique" puisque apparemment Gauche et Droite préconisent les mêmes recettes, les mêmes ajustements sans ne rien remettre en cause sur des points qui pourtant seront posés dans les années à venir. Faut-il garder autant de parlementaires, 12 sénateurs et 11 députés, alors que la réduction du nombre de députés et sénateurs sera à l'ordre du jour ? Ne faut-il pas revoir la composition de l'AFE en permettant à chaque conseil consulaire d'y être représenté ? A quand une réflexion sur l'exercice de la citoyenneté des français de l'étranger et sur leurs Droits et Devoirs associés ? A quand la définition d'une fiscalité citoyenne qui permette de revendiquer ses Droits au réseau AEFE et aux bourses ? Une fois de plus, pas de vision de l'avenir donc pas de projet mais des recettes ou mieux, une boîte à outils pour les candidats aux législatives avec "un impératif, celui du réalisme". Quelle ambition pour les français de l'étranger !! Décidément la FFE n'échappe pas à l'indigence politique du PS.


 


Lundi 28 novembre,


Finalement ce sera François Fillon qui représentera la droite et le centre à la présidentielle. Si il a laminé son challenger en métropole, il ne devance Alain Jupé que de peu (52,3% contre 47,7%) après avoir été nettement dominé au premier tour. Ce résultat ne modifie pas grand  chose pour les français de l'étranger tant les deux programmes sont proches. (Voir lettre aux français de l'étranger cliquer ici )  Nous reviendrons ultérieurement sur ce programme et en particulier sur l'avenir de l'AEFE et sur les bourses. Par contre rien sur la remise en cause, ou sur son amélioration, de la loi de 2013, pourtant bien décriée à gauche comme à droite lors ders débats.       


Lundi 21 novembre :


La gratuité a sombré avec le candidat Sarkosi, candidat qui n'a réuni qu'un peu plus de 8% des votes à l'étranger. Etonnant, non ? Il est donc établi que désormais droite et gauche se retrouvent sur la nécessité d'améliorer l'accès aux bourses pour les familles les plus modestes. Nous reviendrons sur ce problème des bourses et d'une façon plus générale sur l'avenir du réseau AEFE, dont le financement risque de poser rapidement de sérieuses difficultés si on le maintient en l'état.


Ce jeudi 17 novembre,


Ce soir c'est le dernier round ; rien n'est joué. Il peut y avoir des surprises ! Pour nous, français de l'étranger, une seule question est en suspens : gratuité ou pas pour les petits français scolarisés à l'étranger ? Puisque pour le reste, rien de très original. Manifestement les conseillers pour le dossier "français de l'étranger"de ces candidats  ne sont pas très motivés et ne peuvent proposer que des programmes d'une indigence abyssale. Donc pour la gratuité, réponse dimanche soir, puique seul un candidat, bien placé semble-t-il pour le deuxième tour, a repris cette proposition de son programme de 2007.


 Ce qui démontre bien que cette question n'est plus un marqueur pour différencier la gauche de la droite sur ce point. Alors que reste-t-il pour voir la différence ? Vivement l'annonce du projet de la FFE du parti socialiste et de celui des candidats de la gauche de la gauche pour le vérifier.