Election présidentielle 2017 à l'étranger

Les principaux enseignements

3 mai 2017

Décidément cette élection présidentielle de 2017 restera aussi une référence dans l'histoire électorale des français de l'étranger (FDE) marquée par une participation record avec le seul vote à l'urne, suite à la suppression du vote par internet ; par la défaite historique des candidats des deux partis politiques, PS et LR et leurs alliés, qui depuis toujours contrôlaient les élections à l'étranger ; par un succès sans appel, dès le premier tour (40,40%) et largement confirmé au second tour (89, 31%), d'un candidat qui a soulevé l'adhésion d'une immense majorité de nos compatriotes de l'étranger. Comme en France, la victoire éclatante d'Emmanuel Macron risque de bouleverser la donne de la représentation politique des FDE. La bataille des législatives devrait le confirmer.


La participation : avec 44,30% au 1er tour (et qui progresse  au second tour à 45,84% !) , elle est supérieure de près de 6 points à celle de 2012 et constitue le record de toutes les consultations électorales organisées à l'étranger, et ce malgré l'absence du vote par internet ! Un peu plus de 65% des pays dans le monde ont dépassé la barre des 45% de participation au second tour de la présidentielle. Ce qui contredit le discours alarmiste de ceux qui ont accusé le pouvoir socialiste de vouloir limiter le vote des français de l'étranger, en supprimant le vote internet, par peur du suffrage universel. Et ce qui donne la preuve que la forte abstention aux élections à l'étranger, depuis 35 ans, ne peut, comme on le fait à chaque scrutin, se résumer à mettre en avant pour l'expliquer pour l'essentiel, des problèmes géographiques, informatiques ou autres.  Ce que j'ai déjà démontré dans mon analyse des élections consulaires de 2014.Cliquer ici 


 


 Ce qui se vérifie pour cette élection de 2017 par l'analyse approfondie des résultats par pays (Cliquer ici) comme le montrent les chiffres suivants relevés sur les différentes circonscriptions législatives (en dehors des pays développés -2ème tour).  N.B. 1er chiffre: participation en % - en rouge pourcentage obtenu aux élections consulaires de 2014- entre parenthèse nombres d'inscrits, puis nombre de votants au scrutin présidentielle de 2017.


-Congo :50,65% - 20 -(3698-1873) ; Côte d'Ivoire :37,40% -17,25- (11301-4227) ; Djibouti :60,36% - 24,71 (2530-1530) ; Gabon : 51,32% - 10,06 (6052-3106) ; Madagascar :44,40% - 24,89 (12304-5463) ; Maroc :53,13% - 23,25-(3461-18302) ; Sénégal : 39,01% -22,82 (13819-5391) ; Tunisie :46,70% -17,75 (16834-7862) ; Mexique : 36,69% -17,20 (19029-5171) ; Inde 50,43% - 42,45 (6550-3303) ; Niger :44,53% - 23,64 (878-391).


 


Il est avéré que seule l'élection présidentielle mobilise les français de l'étranger, avec pourtant le seul vote à l'urne. Il faut donc s'interroger. Et si il y a encore près de 20 points de différence avec la participation nationale (74,62% au deuxième tour) il n'est pas certain que le vote électronique améliorerait sensiblement la participation au de là de 60/65% vues les contraintes difficiles à surmonter et inhérentes à notre statut de français "à l'étranger". Le challenge est donc bien d'amener nos compatriotes à atteindre aux élections législatives et consulaires une participation supérieure à 50%. Pour cela il faut tourner résolument le dos aux discours et comportements qui ont prévalu à l'étranger depuis 35 ans maintenant et saisir cette chance historique d'entrer enfin dans le XXIème siècle avec le président élu, Emmanuel Macron. C'est l'enjeu des prochaines élections législatives.


 


La lourde défaite du PS, des LR et de leurs alliés révèle combien ces partis sont déconnectés des aspirations des français de l'étranger qui les ignorent dans leur grande majorité. Ces citoyens venus nombreux à ce scrutin ne peuvent pas se reconnaître dans les actuels conseillers AFE et sénateurs, dans les mains du PS et des LR et qui n'ont rien à leur proposer pour une vraie réflexion sur l'avenir de l'AEFE et sur une représentation politique encore obsolète par certains aspects, indigne d'une démocratie moderne. Le scrutin présidentiel démontre qu'ils ne représentent qu'eux-même, leur ôtant toute légitimité pour parler au nom de l'immense majorité des français de l'étranger. Les élections législatives, qui s'annoncent prometteuses pour la "République en Marche" devraient le confirmer et marquer la fin d'un monde ! Et n'oublions pas que les électeurs ont toujours le dernier mot.