Elections présidentielles

Après les primaires

8 fevrier 2017

Ce lundi 27 mars : dans quatre semaines nous connaîtrons le nom des deux candidats qui s'affronteront pour le deuxième tour de la présidentielle. A moins de bouleversements, toujours possibles tant cette campagne est imprévisible, les sondages nous donnent aujourd'hui le tableau suivant. M. Le Pen et E. Macron seraient en tête, au coude à coude, se disputant la première place, au gré des sondages et en fonction des péripéties de leurs poursuivants.


Le candidat F. Fillon convaincu que la meilleure défense est l'attaque est passé à l'offensive en attaquant le président de la république sur l'existence d'un "cabinet noir". On peut douter de l'efficacité de cette tactique qui risque fort d'entraîner son parti dans une spirale mortelle. Comment lui et ses partisans peuvent-ils croire qu'un candidat à la présidence, poursuivi pour détournement de fonds publics, peut rassembler une majorité d'électeurs à qui il demande de faire des sacrifices pour redresser le pays ? Quel aveuglement, que la droite risque de payer cher non seulement à la présidentielle mais aussi aux législatives, contrairement à ce qu'espèrent certains d'entre eux.


La course poursuite entre Hamon et Mélanchon a tourné nettement à l'avantage de ce dernier. Ses talents personnels et sa faculté à savoir parler "au peuple" l'expliquent, malgré les faiblesse de son programme qui est clair et ne varie pas. Mais surtout, B. Hamon paie dès maintenant l'incohérence de ses choix tactiques. Trop sûr de lui, au lieu de rassembler la famille socialiste dès le lendemain de la primaire, il a cherché à siphoner les voix de l'électorat de J.L. Mélanchon. En criant aujourd'hui à la trahison et à l'assassinat politique, suite au ralliement de nombreux cadres du PS à la candidature de E. Macron, il ne veut pas voir que c'est d'abord une part importante de l'électorat socialiste qui a quitté le bateau et que les élus socialistes qui n'adhèrent pas à son programme ne font que suivre le mouvement, quelles que soient leurs motivations.


Il oublie que la primaire de la "belle alliance" n'engage que les seuls candidats qui ont fait campagne et que le programme du vainqueur, n'ayant pas été validé par un congrès du parti socialiste (que devient par ailleurs le programme élaboré par le PS pour 2017 ?) ne peut être la loi du parti. D'où l'impérieuse nécessité de rassembler son camp, d'autant plus qu'il est sur une ligne minoritaire. Ce sont bien les électeurs qui décideront en dernier ressort, et il n'est pas certain que Hamon dépasse les 10% des voix. Les responsables du PS n'ont tiré aucun enseignement de ce qui s'est en 2002 et après. La secousse risque d'être terrible. 


Dernière minute :  ce mardi 29 mars risque de rester un jour sinistre dans l'histoitre du PS. C'est la fin de la suprématie du parti sur la gauche et de l'art de la synthèse qui lui a permis de survivre artificiellement pendant plusieurs décennies. E.Valls abandonne Hamon et le même jour Mélanchon le devance de quatre points dans les sondages :14% contre 10% ! C'est vraiment la campagne de tous les dangers. La fin d'une époque ?


 


Dimanche 5 mars :


Il y a un mois (voir ci-après) je faisais le point sur les candidats à la prochaine présidentielle. On peut dire que les interrogations et doutes exprimés alors se sont largement confirmés. A droite c'est la confusion totale et après le meeting de cet après-midi on peut se demander si on ne va pas vers une fracture mortelle pour elle. A suivre donc.


A gauche la course à l'unité n'a été qu'un simulacre de débat politique qui ne trompe que les naïfs. L'impossible entente entre Mélanchon et Hamon a révélé l'ampleur de la division du P.S. Benoît Hamon passant l'essentiel de son temps à chercher sur sa gauche un illusoire accord. En oubliant la majorité sociale libérale de son parti, pour ne ramener dans ses filets qu'à peine 2% des voix du candidat écologiste. Candidat qui, au passage, se fait rembourser par le parti socialiste ses frais de campagne engagés . Et, cerise sur le gâteau, il obtient un accord électoral pour sauver du nauffrage prévisible quelques sièges au profit de députés verts, ardents adversaires du hollandisme. Que l'on est bien loin des élans "visionnaires" de la primaire ! Les électeurs socialistes s'en souviendront et il n'y aura pas de candidat socialiste au second tour. Bravo les responsables du PS, fédération des français de l'étranger comprise.


A la droite de la droite, Marine Le Pen fait toujours la course en tête( des sondages) ignorant superbement ses ennuis judiciaires qui ne font que consolider son socle électoral. Un coup de force chez le parti Les Républicains, qui retirerait son soutien à F. Fillon, ne pourrait que la favoriser, même pour le second tour. Et pendant ce temps là Emanuel Macron développe son programme, gagne de jour en jour des soutiens et s'affirme comme un sérieux prétendant à la victoire.


Bref, nous assistons au naufrage des partis dits de gouvernement, au pouvoir depuis plusieurs décennies. Ce qui pourrait amener à la présidence de la république l'extrême droite. E. Macron devient ainsi le dernier rempart pour sauver notre démocratie. Bon gré, mal gré, les vrais démocrates devront voter pour lui. Personnellement, voilà plusieurs mois que je soutiens sa candidature et les sarcasmes des uns et des autres n'y feront rien devant la désagrégation des partis PS et Les Républicains qui ont oublié la France et les français. 


Dernière minute : Le parti L.R. a préservé son unité en se ralliant au candidat Fillon. Mais pourront-ils convaincre tout leur électorat de soutenir leur candidat ? Rien n'est moins sûr. Par contre il est certain que la Primaire, à gauche comme à droite a tué les partis politiques en mettant en évidence la difficulté, voire l'impossibilité, de concilier le discours radical de la primaire pour se faire élire, avec la nécessité de proposer un programme équilibré pour rassembler tout son camp et espérer gagner la présidentielle.
 


 


Ce mercredi 8 février :


Après un week-end très riche en actualités politiques, essayons de faire le point sur les principales candidatures à l'élection présidentielle. F. Fillon reste en difficulté malgré sa conférence de presse. Les sondages à venir nous éclaireront sur l'ampleur des dégâts. Ce qui renforce la position de M. Le Pen qui profite bien de cette situation. Ainsi que E. Macron, qui, sans avoir encore dévoilé tout son programme, continue son ascension, profitant tout simplement du marasme du candidat de la droite, arrivant ainsi en deuxième position derrière le Front National. Sur sa gauche, B. Hamon et J.L.Mélenchon se disputent le leadership appelant à l'unité sur"un programme de gouvernement". Mais sur quelles bases et avec quelle majorité de députés ?


 


Et là, tout devient difficile. B. Hamon essaie de prendre en main les candidats socialistes, investis le même jour que lui par le PS, mais qui, à environ 65%, ont soutenu le gouvernement Valls et qui ont fait le choix de rester dans la maison PS malgré leurs profondes divergences avec lui. En cas de victoire (à laquelle ils ne croient pas) ils pourront jouer eux aussi aux "frondeurs" bloquant les initiatives présidentielles. Hamon sera l'arroseur arrosé !


Par contre, en cas de défaite de B. Hamon (qu'ils escomptent bien !) qui ne parviendrait pas au second tour de la présidentielle, ils seraient en position de force pour prendre le parti en main. Voilà donc en quoi consiste cette "unité" recherchée évitant ainsi l'explosion annoncée. Nous sommes dans les grandes manoeuvres politiciennes où les uns et les autres cherchent à sauver leur mandat de député ou de responsables au sein du parti socialiste. Et les français dans tout cela ? Ils devront attendre car ils ne sont pas la préoccupation majeure de tous ces politiciens. Les électeurs ne manqueront pas de s'en souvenir.


Quant à l'unité entre Hamon et Mélanchon, elle est impossible, chacun ayant clairement annoncé qu'il y aura bien un bulletin Hamon et Mélanchon dès le premier tour. Et J.L. Mélanchon ayant bien mis en garde B. Hamon qu'il ne peut envisager un rapprochement avec lui que si il écarte les candidats à la députation, investis par le PS, qui ont soutenu le gouvernement Valls. Accord impossible pour Hamon condamné soit à la rupture avec le PS soit à renier ses engagements de la primaire. Dans tous les cas de figure c'est la défaite annoncée.


Voilà où nous en sommes aujourd'hui 8 février : les deux grands partis de gouvernement, PS et LR, ne sont plus en mesure d'assumer leurs responsabilités, mettant en péril notre démocratie, sauf si les français refusant la fatalité du F.N. décident de prendre en main leur destin. Tout reste donc possible.


 


 


L'après 29 janvier : Le cycle des "primaires" vient donc de s'achever avec la victoire de Benoît Hamon comme candidat du parti socialiste à l'élection présidentielle. Il va falloir attendre quelques jours pour mesurer l'ampleur de l'onde de choc, sur le PS, de la victoire d'un frondeur.


 


On peut se demander comment les députés socialistes qui ont soutenu Hollande et ses deux premiers chefs de gouvernement, la grande majorité du groupe socialiste, peuvent maintenant soutenir B. Hamon, sans se déjuger en leur âme et conscience et devant leurs électeurs ? Puisque, n'ayant pas réussi, depuis 2014, à renverser le gouvernement socialiste avec les autres frondeurs, B. Hamon veut maintenant détricoter les mesures phares du quinquennat qui s'achève et, de plus, a fait campagne sur des propositions fortes comme le Revenu Universel ou le 49/3 citoyen.


Or, rappelons que ces mesures n'ont jamais été débattues au sein des instances du PS et donc ne peuvent engager les élus socialistes. Voilà bien l'aspect vicieux de la primaire, telle qu'elle s'est présentée cette année, sans débat au sein du Parti, au moins sur les orientations fondamentales. Ceci confirme bien ce que j'ai déjà écrit, que la primaire s'est substituée au congrès du PS, faisant valider par "tout électeur adhérant aux valeurs de la gauche" au sein du PS et hors PS, pour "dégager" de la compétition l'ancien premier ministre de Hollande...avec le soutien, constaté, des électeurs du Front de Gauche, entr'autres ! Voilà le coup d'état réalisé par les frondeurs, avec la lâche complaisance ou l'incompétence du Bureau National du parti !


 


Les responsables socialistes, en voulant cette primaire, ont sans doute porté un coup mortel au Parti Socialiste, et la FFE et ses élus n'y échappent pas. L'appel à l'unité des "forces de gauche" est un enfumage qui masque mal le coup de force d'un candidat, qui ne représente que l'aile gauche minoritaire au sein du PS mais qui a su, après avoir poussé dehors le président Hollande, proposé "un futur désirable", nouvelle utopie socialiste pour des lendemains qui chantent, mais sans en dire le prix !


En clair, en utilisant la primaire comme arme de destruction massive du "hollandisme" assimilé à la sociale-démocratie, Hamon et ses supporters socialistes mettent de fait fin à la tradition historique du Parti socialiste français depuis sa création en 1973. A savoir faire vivre ensemble, démocratiquement, (c'est le but des congrès...parfois si agités !) les différents courants du socialisme français, ce qui implique que pas un seul courant du Parti n'est propriétaire exclusif du label "socialiste". Certains élus et militants devraient consulter l'histoire du Parti Socialiste Français de 1905 à ce jour avant de condamner la sociale démocratie et de désigner ses défenseurs comme des "traitres". !


Une fois de plus, regrettons que ceux qui aujourd'hui se réfugient dans un socialisme radical, sont ceux-là mêmes qui ont été incapables de faire émerger la synthèse nécessaire depuis deux ou trois décennies, préférant se draper dans la vertu des principes et renoncer à l'exercice du pouvoir. Il est tellement plus confortable de donner des leçons sans prendre le risque d'agir. Mettre en oeuvre le programme de Hamon c'est ouvrir la boîte de Pandore. Heureusement l'espérance reste au fond... Seuls les citoyens auront le dernier mot pour décider, dans l'urne.


 


Dans l'immédiat, rupture ou "unité de façade" pour quelques mois, c'est bien sans doute un autre cycle de l'Histoire du Socialisme en France qui va commencer. Mais il est trop tard pour qu'une Gauche de Gouvernement puisse prendre à la prochaine élection ses responsabilités vis à vis de tous ceux qui, en France, souffrent du chômage, de la précarité ou de la pauvreté, tous exclus du" vivre ensemble". Quelle faillite pour les socialistes. Leurs électeurs ne manqueront pas de le faire savoir en refusant les arrangements d'appareil, quels qu'ils soient.