Et maintenant ?

Quelques réflexions sur les législatives 2017 à l'étranger

27 juin 2017

Forte abstention et nouveau paysage politique sont les faits marquants de ce scrutin législatif de 2017.


Avec 19,1% de participation au premier tour et 15,87% au second tour, la participation des FDE (Français De l'Etranger) à l'élection législative est conforme au premier scrutin de 2012. Elle reste très faible, au niveau de 15 à 20% des suffrages exprimés rapportés au nombre des inscrits sur les LEC, soit 1,3 M d'inscrits. En réalité les suffrages exprimés représentent moins de 10%, voire moins de 5% du nombre des FDE en âge de voter, vivant à l'étranger, si on admet, chiffres reconnus comme très probables par beaucoup, qu'il y aurait 2,5 , voire 3 millions de FDE !  Il ne faut pas perdre de vue cette réalité quand on veut comparer la participation à l'étranger avec celle de la métropole, où les inscrits sur les listes électorales représentent 95% des français résidant sur le territoire national ! Les législatives à l'étranger sont un "désatre électoral"qui ne peut plus durer.


 


Deux remarques s'imposent alors à un observateur lucide. On ne peut pas s'empêcher de comparer ces résultats avec ceux de la présidentielle où la participation a atteint presque 46% au second tourCliquer ici ) et se demander comment expliquer ce différentiel pour deux scrutins qui se sont déroulés dans des conditions similaires pour l'essentiel ? Devant cette triste réalité, dès le soir du 18 juin, des commentateurs politiques ont remis en cause les élections législatives pour les FDE. Il devient très urgent que les seuls élus représentatifs des FDE, les conseillers consulaires élus au suffrage universel direct, engagent une vraie réflexion politique sur l'exercice de la citoyenneté des FDE à travers leurs Droits et Devoirs associés. Pour cela ils doivent s'appuyer sur les nouveaux députés, sur les comités d'En Marche et sur tous ceux qui ont porté E. Macron à la présidence et qui lui ont donné une large majorité présidentielle.


 


Ce qui nous amène à notre deuxième observation fondamentale. Les actuels élus des FDE, les conseillers consulaires et les sénateurs, qui ont fait campagne pour les LR, le PS ou d'autres formations politiques, ne sont pas représentatifs des français de l'étranger. Il est donc nécessaire que tous ceux qui ont apporté leur soutien au président Macron et à sa majorité législative en tirent toutes les conséquences pour participer à leur niveau à cette aventure, pour la France et pour les français de l'étranger. Dans l'immédiat, il faudra dès septembre prochain, à l'élection sénatoriale, poursuivre l'élan nouveau en faisant élire des sénateurs pour la majorité présidentielle ; il y a déjà un groupe constitué au Sénat avec des élus venus de gauche, de droite et du centre. Puis viendra le temps, assez rapidement, pour un travail de réflexion sur la question : "Français de l'étranger, quelle citoyenneté" ( Cliquer ici ) pour ensuite chercher quelles réponses y apporter, pour ce monde du XXIème siècle. Il faudra bousculer quelques conservatismes, c'est certain, comme toujours quand on se projète dans l'avenir. Mais le mouvement est déjà bien lancé. Alors il faut se mettre au travail sans plus tarder pour aboutir, d'ici un an ou deux, à un véritable projet politique pour les FDE, ce qui a tant manqué depuis trois décennies. Voilà le nouveau challenge à relever !