Gilets jaunes et français de l'étranger

27 fevrier 2019

J'ai fait un rêve !!


Je me suis imaginé, au milieu d'un rond point, à débattre avec des G.J. pour savoir comment ils appliqueraient leurs revendications aux français vivant à l'étranger. Exercice difficile ! Car il fallait commencer par briser tous les préjugés qu'ils ne manqueraient pas d'avancer sur les français de l'étranger -FDE- : ils ne sont pas des exilés fiscaux et ceux qui le sont ne sont qu'une infime minorité qui n'a rien à voir avec les 1.850 000 français recensés officiellement sur un total "estimé"à 2.500 000, voire plus. Que leurs situations sont très diversifiées et contrastées entre expatriés, doubles nationaux, ceux qui vivent au sein de l'U.E et ceux du reste du monde. Que tous ne sont pas des nantis, loin s'en faut, et que bon nombre d'entre eux pourraient être des "gilets jaunes". Mais, que pour eux, le fait de vivre hors du territoire national (Métropolitain et Ultramarin) rend l'intervention de l'Etat français limitée et contrainte forcément par le respect de la souveraineté des états où ils vivent et dont plus de 40% d'entreux sont citoyens ! Ce qui est beaucoup.


 Une fois ces réalités admises on peut s'attendre à des débats ardus, confrontant les attentes des FDE, connues ou portées par leurs élus - conseillers consulaires, députés et sénateurs - avec les revendications des G.J. Rappelons que leur mouvement a débuté par une "jacquerie" fiscale, pour ensuite s'étendre à la justice sociale - lutter contre les inégalités - pour enfin s'élargir à la contestation de la démocratie représentative, illustrée par la demande du RIC, le référendum d'initiative citoyenne.


Voici, à la lumière des déclarations affichées dans les médias et des slogans dans les manifestations, comment les G.J. pourraient traduire  leurs revendications pour les français résidant à l'étranger.


- Fiscalité : c'est un Devoir qui détermine son appartenance à une communauté, c'est le Devoir Citoyen, à ne pas confondre avec la Nationalité. La fiscalité, directe ou indirecte, ouvre ainsi l'accès aux Droits, civiques et sociaux, garantis par le titre de "citoyen". Problèmes :  ne vivant pas en France, les FDE ne paient pas la TVA, le principal impôt payé par tous les citoyens en France. Mis à part une minorité les FDE ne paient pas en France l'impôt sur leurs revenus prélevé dans le pays où ils vivent. Dans ces conditions, comment les FDE peuvent-ils revendiquer des Droits citoyens si ils ne participent pas à la fiscalité de la France ? Faut-il alors créer une "contribution" particulière permettant d'accéder aux Droits sociaux ? Le débat reste ouvert...


Droits sociaux : aide médicale sous ses différents aspects ; accès gratuit aux écoles françaises ou octroi de bourses ; cotisations sociales (santé et retraite etc..) ; aide à la formation professionnelle. Pour tous ces droits, s'ils sont revendiqués au nom de "l'égalité citoyenne", comment ne pas demander au nom de même principe l'égalité dans les cotisations. Voilà bien un principe que les G.J. ne manqueront pas de revendiquer. Essayer donc de leur faire admettre l'octroi de bourses scolaires à des français vivant à l'étranger et qui ne paient pas d'impôts en France ?


- Droits civiques : sur ce sujet, dans le même ordre d'idée, le droit de vote lui-même risquerait fort d'être contesté au nom du même principe : pas de participation à la fiscalité - du moins sur une certaine durée comme le font quelques démocraties européennes - pas de droit de vote. Là aussi il faudra argumenter pour convaincre du contraire ! Par contre, quand ils découvriront les très faibles participations aux scrutins proposés aux FDE, sauf pour l'élection présidentielle, les risques de fraude du vote électronique et la double représentation parlementaire (députés et sénateurs) plus une assemblée d'élus, l'AFE, qui discutent sans voter et qui n'a aucun pouvoir sur l'administration centrale, on peut penser que les G.J. dans leur immense majorité, demanderaient une grande simplification par la diminution du nombre de scrutins et d'élus si peu représentatifs et dont l'utilité est contestable.


Je me réveille alors et je réalise que je suis, du moins sur cette thématique, un G.J. "pacifique"et depuis maintenant bien des années. Il suffit de consulter les nombreux articles et prises de position de ce site. C'est pourquoi je souris quand je lis, ici ou là, des prises de position de français de l'étranger "comprenant la colère du peuple contre un pouvoir qui les méprise etc...et qui ne les écoute pas !!!" Je me demande jusqu'à quel point les français de l'étranger, et surtout leurs élus, ont bien compris le message des Gilets Jaunes pour qu'ils admettent l'urgence de se remettre en cause, eux aussi