La campagne, enfin !

27 mars 2017

A moins de quatre semaines du premier tour de scrutin il est temps de parler des programmes. Je n'évoquerai ici que les propositions faites à ce jour et concernant spécifiquement les français de l'étranger. Ce qui ne sera pas long, tant c'est indigent.


Le réseau de l'AEFE, les frais de scolarité, la fiscalité et la sécurité sont les principaux thèmes abordés. Aucune réflexion sur les conseils consulaires mis en place en 2014. Aucun bilan, aucune proposition pour donner aux 130 conseils consulaires leur pleine existence en remplaçant l'AFE par une Assemblée des Conseils Consulaires où chaque conseil serait représenté. Si presque tous les candidats préconisent la réduction du nombre de parlementaires aucun ne dit clairement s'il compte supprimer les 12 sénateurs des français de l'étranger dont le maintien ne se justifie plus. 


AEFE, bourses, tout le monde promet de mieux répondre aux attentes des parents mais sans vraiment dire que la situation actuelle ne peut plus durer et qu'il va être urgent de repenser complètement cette question. Faudra-t-il attendre la campagne des législatives pour avoir des éléments de réponse ? Je n'en suis pas sûr tant il est plus facile de faire des promesses démagogiques et irrésponsables que de tenir un discours de vérité - Cliquer ici -


Pour la fiscalité, la proposition de J.L. Mélanchon doit retenir notre attention pour ne pas s'en tenir au seul "problème" du remboursement de la CSG-CRDS perçus sur les revenus du patrimoine des non-résidents et vivant dans un pays de l'U.E.


Extrait : « Si je suis élu, l’impôt sera perçu sur la base de la nationalité du cotisant quand il n’est plus en France, c’est-à-dire qu’il sera universel » Les citoyens français « devront déclarer partout dans le monde ce qu’ils paient comme impôt à la nation qui les accueille. Il est bien normal qu’ils en paient là où ils se trouvent, car nous pratiquons de même chez nous, mais ils devront déclarer ce montant au fisc [français], et celui-ci regardera si, après avoir payé cette somme, en France, ils ne devraient pas encore de l’argent, a expliqué le candidat, l’impôt sera donc universel, et qu’on ne me dise pas que ce n’est pas possible, puisque ça se pratique aux États-Unis ».


Si les réactions ont été violentes parfois, Mélanchon soulève cependant un vrai problème. Mais il est dommage que le candidat des "insoumis" n'aie pas pris le temps de développer son objectif, celui de lutter contre l'évasion fiscale qui, en fait, ne concerne qu'un nombre limité de français. Par contre cette proposition met bien le doigt sur la fonction citoyenne de la fiscalité. Comment réclamer des bourses pour ses enfants si on a aucun lien fiscal avec la France et que l'on fait tout pour y échapper. Ne serait-il pas temps, enfin, de mettre cela à plat pour redéfinir les rapports de la France avec ses "communautés" qui vivent à l'étranger dans la diversité de leurs statuts, qu'il faut prendre en compte? Cliquer ici