Le réseau AEFE

Pourquoi les écoles françaises à l'étranger sont-elles si chères ?

12 avril 2021

 


- Le réseau AEFE dans le monde : (source site de l'AEFE )


 


Le réseau de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger -AEFE - rassemble, à la rentrée 2020, 535 établissements scolaires, implantés dans 139 pays, qui scolarisent près de 370 000 élèves dont 40 % sont français et 60 %d'autres nationalités. Tous ces établissements sont homologués par le ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. 71 sont gérés directement par l’Agence (établissements EGD), 155 ont passé une convention avec elle qui permet notamment d'affecter des personnels (établissements conventionnés) et 309 autres sont des établissements partenaires.


 


Les établissements en gestion directe -EGD - (71) :


Les EGD sont constituées en services déconcentrés de l'AEFE. Ils sont dotés d'un ordonnateur, le proviseur, et d'un comptable secondaire. Ils sont des composantes de l'établissement public et leur budger est agrégé chaque année à celui de l'AEFE. L'Agence leur accorde des subventions et rémunère les personnels titulaires qui y exercent.


 


 


Les établissement conventionnés 155 :


 


Ces établissements sont gérés par des associations ou fondations de droit privé, français ou étranger, et ont passé une convention administrative, financière et pédagogique avec l’AEFE. Cette convention porte notamment sur les conditions d’affectation et de rémunération d'agents titulaires de l’Éducation nationale et sur l’attribution de subventions. Ces établissements entretiennent avec l’AEFE un dialogue de gestion constant.


 


 


Les établissements partenaires 309 :


 


Ces établissements sont également gérés par des organismes de droit privé, français ou étranger, et ont signé un accord de partenariat avec l’Agence. Cet accord définit les relations financières qu’ils entretiennent avec l’AEFE, ainsi que les prestations auxquelles ils peuvent prétendre, notamment en termes de formation continue de leurs personnels, d’ingénierie pédagogique, de conseils en gestion et de gouvernance, d’orientation scolaire, d’utilisation des services et des outils mis en place par l’Agence. Un protocole d’entente a été signé avec la Mission laïque française (MLF) concernant les établissements partenaires de la MLF.


 


 


- Commentaires :


 


Les écoles françaises à l’étranger relèvent elles du service public ? Non, l’AEFE, établissement public français, n’a qu’une faible partie des écoles en gestion directe soit 71 établissements, tous les autres, conventionnés(155) ou partenaires(309) sont tous de droit privé, français ou étrangers, aucun ne relevant de l’Education Nationale. Tous ces établissements font l’objet d’un accord bilatéral entre la France et les 139 pays concernés. Tous ces établissements ne remplissent pas les critères d’un service public à la française : ils ne sont pas obligatoires ni gratuits, donc ne peuvent pas être accessibles à tous. Réservés à une minorité de français ils peuvent accueillir des élèves étrangers, ce qui contribue à alléger le coût de la scolarité des élèves français.


 


Quelques réalités à rappeler : les élèves étrangers représentent 60 % des effectifs et représentent les classes sociales favorisées du pays. C’est le plus grand réseau au monde pour porter au loin la défense de la langue française, pour attirer l’élite nationale et perpétuer ainsi la présence et l’influence de la France – culturelle, économique et politique -dans le monde. Si ces écoles françaises dans le monde perpétuent un savoir, une culture elles favorisent aussi une émigration « des cerveaux vers la France » en les accueillant dans nos universités et grandes écoles. On peut se demander dans ces conditions qui y gagne le plus ?


 


Demander leur gratuité et leur accès à tous les français disséminés à travers le monde est irréel et un non sens « politique »


 


L'homologation des établissements d'enseignement français à l'étranger est la procédure par laquelle, en accord avec le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), le ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (MENJS) atteste et reconnaît que des établissements scolaires situés à l'étranger dispensent un enseignement conforme aux principes, aux programmes et à l'organisation pédagogique du système éducatif français. Cette homologation est de la même nature que celle des écoles privées, en France, sous contrat d’association avec l’état.


 


Ces établissements homologués permettent de suivre une scolarité à l'étranger sur programmes français dans le respect des valeurs et des exigences du système éducatif français. Ils ont vocation à accueillir des élèves français et étrangers. Par l'homologation, les établissements intègrent le réseau des lycées français du monde que coordonne l'AEFE et peuvent notamment bénéficier d'un accès privilégié à des services pédagogiques et de formation des personnels.


 


- Quelles solutions ? 


 


Le coût de la scolarité est devenu, pour le plus grand nombre des familles françaises de l’étranger, exorbitant malgré le soutien des bourses accordées. Seule la conjugaison de différents moyens peut apporter une aide sensible,  comme renforcer l’enseignement à distance pour toucher un plus grand nombre d’élèves, développer des aides à l’apprentissage du français comme le programme Flam, augmenter les bourses….C’est à dire demander à la collectivité nationale d’accentuer son effort vers les français de l’étranger. Ce qui ne peut être admis qu’en acceptant de revoir certaines dépenses allouées au budget des FDE pour les redistribuer vers l’enseignement mais aussi d’accepter de participer à l’impôt, sous une forme ou une autre, pour une citoyenneté bien comprise où Droits et Devoirs sont indissociables. A quand ce grand débat vraiment « citoyen » ? Sujet délicat qui implique des choix « politiques » courageux !


 


 Jacques Saillant - Professeur - expatrié en Algérie et au Gabon de 1991 à 2015