Le vote électronique supprimé !!

un scandale ? une manipulation du pouvoir socialiste ?

5 mars 2017

Annoncée il y quelques jours par le ministère, la suppression du vote électronique soulève une réprobation quasi générale. Manipulation, atteinte à la démocratie et à la citoyenneté des français de l'étranger etc... En fait une agitation politicienne qui perd de vue, une fois de plus, l'essentiel.


La réponse à tout cela la voici. Rappelons que la participation pour les français de l'étranger aux législatives de 2012 (1er scrutin de leur histoire) a été très faible, de l'ordre de 15 % en moyenne, avec vote électronique . Alors que, un mois plus tôt, à la présidentielle avec le seul vote à l'urne et la possibilité de faire une procuration, la participation s'est située autour de 40% ! Quand le scrutin intéresse les français de l'étranger, ils viennent voter même si il n' y a pas de vote électronique. CQFD. Ce qui enlève toute crédibilité aux différents rapports du sénat (3 juin 2015) ou de l'AFE reposant sur des analyses très approximatives et parfois fausses (exemple, en ignorant que plusieurs électeurs dans une famille utilise une seule et même adresse é-mail !). L'étude de l'élection des conseillers consulaires de 2014 (voir livre "français de l'étranger, quelle citoyenneté ) révèle que les pays où le vote électronique est le plus utilisé sont ceux où les participations sont les plus faibles. Et on remarque en comparant les scrutins de 2009 et 2014 que le vote électronique n'a en rien amélioré la participation.


Extrait : " Le groupe des 25 premiers pays les plus peuplés qui votent le moins sont cependant ceux qui utilisent le plus le vote électronique avec des pourcentages nettement supérieurs aux 43,26 % de la moyenne mondiale. Sauf la Suisse (40,52 %), où la proximité des bureaux de vote n’incite pas, semble-t-il, à utiliser ce mode de scrutin.


Ainsi, on remarque que les États-Unis-70 %, Royaume-Uni 69 %, Canada et Italie 60 %, Allemagne-57 %, Pays Bas-56 %, Belgique, Espagne-50 % et Portugal 47 % appartiennent aux pays développés. Auxquels on peut adjoindre des pays émergents comme la Chine 40,52 %, le Brésil 54,31 %, l’Argentine 44,59 %. ainsi que les Émirats arabes unis 45,11 % qui, par bien des aspects, leur sont proches. Tous ces pays ont des réseaux informatiques développés. Si le vote électronique a progressé depuis le dernier scrutin de 2009, pour l’AFE, il n’a pas provoqué dans ces pays une poussée de la participation. En fait, on peut penser qu’il rend service à des électeurs déjà motivés qui ont recours au vote électronique pour ne pas avoir à se déplacer.


Le cas de la Suisse mérite d’être souligné. Voilà le pays qui regroupe la plus forte communauté de Français de l’étranger avec 163 600 personnes inscrites au registre des Français à l’étranger et 122 822 inscrites sur les listes électorales. C’est un petit pays, aux portes de la France, qui appartient au groupe des pays les plus riches au monde avec des moyens de communication très performants. Toutes les conditions sont réunies pour inciter le citoyen à aller voter. Et pourtant, pour le taux de participation, la Suisse se classe 85e sur 97 pays répertoriés suivie du Portugal, de l’Italie, d’Andorre, du Royaume-Uni, de Monaco, du Gabon, des États-Unis d’Amérique. L’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, Israël et l’Angola fermant la marche. Que dire de plus ?


Cependant, on observe que pour certains pays de ce groupe, qui ont une participation autour de la moyenne mondiale ou nettement supérieure, le pourcentage du vote électronique est sensiblement plus faible. Ainsi représente-t-il : pour Madagascar 16,69 %, le Liban 19,45 %, le Maroc 25,45 %, la Côte d’Ivoire 27,17 %, la Tunisie 28,85 %, le Sénégal 32,10 %, l’Algérie 35,12 %. Ces pays, par leurs contraintes naturelles (distance, reliefs voire climats) et les défaillances des réseaux informatiques (couverture et faible puissance), peuvent expliquer un usage du vote électronique plus restreint aux zones urbaines mieux couvertes. Ce qui tend à démontrer que, même avec un accès plus difficile à Internet, on peut avoir les meilleurs taux de participation, comme au Liban, au Sénégal, au Maroc ou à Madagascar. La fracture informatique ne peut pas tout expliquer."