Les élections sénatoriales

Fin du cycle électoral

16 septembre 2017

Avec l'élection sénatoriale du 24 septembre s'achève le cycle d'une année électorale bien chargée et riche en rebondissements.


Devant le nombre de listes en présence il y a de quoi s'interroger. Surtout si on y regarde de plus près, il n'y a pas de grandes divergences entre les propositions avancées par le plus grand nombre d'entre elles.

Il y a ceux qui, à droite et au centre, enfermés dans des schémas obsolètes, sont là depuis des dizaines d'années, sans jamais se poser les questions de fond sur la réalité des communautés françaises à travers le monde et leurs attentes, aujourd'hui, en cette deuxième décennie du XXIème siècle. Nous ne sommes plus en 1948, ni en 1981 !Le monde a changé.


De l'autre côté, il y a ceux du PS et de FDM-adfe, qui n'ont pas été capables, en 2012/2013, de mettre en oeuvre une grande réforme pour les français de l'étranger. Faisant corps avec la droite et le centre, à l'AFE et au Sénat, ils se sont opposés à la suppression de l'AFE puis, ayant obtenu gain de cause, ils ont ainsi affaibli le rôle des conseillers consulaires dans la nouvelle représentation politique de proximité. Hantés par leur projet irréaliste de créer une Région des FDE, ils cachaient mal en fait leur rêve de faire de l'AFE une sorte de "petite assemblée des députés des français de l'étranger" pour gérer eux-mêmes la "politique"des français éparpillés à travers le monde.


Mais alors, au-de là du problème constitutionnel posé (et motif du rejet de leur projet), comment affirmer son appartenance à la communauté nationale, revendication légitime, et vouloir dans le même temps se substituer à l'Assemblée Nationale, seule légitime à décider au nom de la Nation ?l
C'est bien ce type de positionnement politique qui a marginalisé depuis plus de vingt ans les français de l'étranger au sein de la communauté nationale amenant tous les gouvernements successifs à le rejeter. Ce manque de visibilité est de la responsabilité de la quasi totalité des élus, conseillers AFE et sénateurs de l'étranger, gauche et droite confondues. Ce qui les disqualifie de fait pour l'avenir.


L'abandon d'un ministère ou d'un secrétariat pour les FDE n'est pas une marginalisation, comme certains se plaisent à le dire. Mais tout simplement la fin d'un discours politiquement irresponsable qui consistait à faire croire que vivre sa citoyenneté en France ou à l'étranger, c'était pareil. Que les Droits devaient y être strictement égaux, sans exiger la même égalité pour les Devoirs. Que l'Etat devait assurer la scolarité des enfants vivant à l'étranger, alors que le système actuel est injuste, inégal et financièrement insoutenable. Qu'il fallait garantir aux FDE la même représentation politique que sur le territoire national : députés, sénateurs, conseillers régionaux et consulaires avec pouvoir exécutif etc...sinon on en ferait des citoyens de seconde zone. Qu'un français vivant au sein d'un pays membre de l'UE est un "étranger" au même titre que celui qui vit en Afrique ou ailleurs dans le monde. Comment voulez-vous être entendus et compris par un pareil discours ?


Bref, c'est bien la refondation du statut de Français de l'Etranger et de sa citoyenneté qu'il faut envisager. C'est à dire la redéfinition de son rapport avec la Nation, avec l'Etat. L'enjeu de ce scrutin reste cependant limité dans le contexte politique actuel de la France. Car seule la nouvelle majorité présidentielle a les moyens politiques de relever ce défi. Il serait regrettable que les élus de proximité que sont les conseillers consulaires ne tirent pas les enseignements des élections de mai et juin derniers en s'enfermant dans une opposition stérile et inefficace. Si ils veulent être acteurs de cette refondation alors, qu'ils le fassent savoir et agissent pour qu'elle soit effective dans l'été 2019 au plus tard.