Lettre aux conseillers des FdE

Mai 2021 - Fin de mandat - 1ère partie

12 mai 2021

A mesdames et messieurs les conseillers des français de l'étranger


 


     


        Avec cette lettre je mets fin au cycle d’informations et commentaires que je vous envoie depuis 2017 et qui ont jalonné votre mandat de "conseillers consulaires" devenus conseillers des français de l'étranger. Certains penseront « enfin » d’autres, peut-être, regretteront cette décision. Ce que je sais c’est qu’en moyenne mes lettres ont eu un taux d’ouverture de 50 % et moins de 20 désinscriptions ! Ce qui est un bon score et m'a encouragé à poursuivre.. 


 


Je vous souhaite bonne lecture de ce dernier message en espérant qu'au de là de ma ténacité vous en retiendrez quelques idées très fortes qui ne demandent qu'à être mises en oeuvre. Je suis persuadé que tôt ou tard ce sera fait, avec ou sans vous. Malgré nos divergences je veux assurer à tous ceux qui ont fait un bout de chemin avec moi entre 1991 et 2015 de ma sincère amitié.


 


 


Jacques Saillant


 


 


    Il y a deux ou trois ans, une élue de l’AFE m'avait interpelé sur un réseau social me demandant de quel droit je m'adressais à vous les « élus des français de l’étranger ». Ma réponse fut simple : au nom de la liberté d'expression et pour défendre quelques fortes convictions forgées au cours de mon expatriation de 1991 à 2015 date à laquelle j'ai définitivement quitté l'Algérie. J’ai eu l’occasion entre 2009 et 2012 de côtoyer les conseillers de l’AFE élus sous l’étiquette du PS. Je sais donc de quoi je parle et en voici un bref rappel, puisqu’il faut me justifier.


 


     Mon expatriation survient après deux décennies de militantisme syndical, associatif et politique avec un mandat d’élu municipal et des délégations importantes en particulier une à l’agglomération nantaise. Je sais ce qu’est un mandat exécutif dans une collectivité territoriale et d’exercer la présidence d’un office municipal et celle d’un comité de jumelage avec une ville algérienne entre 1982 et 1991.


 


     Commencée à Alger en 1991 c’est au Gabon, que je poursuis mon expatriation de1992 à 1999. C’est là que je découvre l’ ADFE et que je retrouve le PS dont je suis adhérent depuis 1976. Après un bref retour en France je retourne vivre en Algérie, pays de mon épouse, dans une willaya rurale de l’intérieur. Ce n’est qu’à partir de 2005/2006 que je reprends contact à Alger avec le PS et la section locale de FdM-adfe. J’y ai trouvé une équipe dynamique avec de nombreux militants (la plus importante d’Algérie) qui va vite se confronter aux ambitions du nouveau conseiller AFE, résidant à Annaba, qui a pris ses fonctions en 2006, suite à la démission du conseiller élu en 2003. Au Gabon des collègues et camarades de gauche m’avaient déjà expliqué que le CSFE devenu AFE était surtout une machine à élire des sénateurs pour reprendre à la droite deux ou trois autres sièges gagnables.


 


C’est la préparation du scrutin de 2009 qui, pour moi, mettant en lumière d’une part des manquements graves dans le fonctionnement démocratique de FdM-adfe et d’autre part l’incohérence de l’AFE dans sa représentativité et sa fonction même, qui m’a amené à m’interroger publiquement sur la nature et le rôle de l’AFE. Ainsi, de 2009 à 2012 je participe à Paris aux A.G. annuelles de FdM ainsi qu’aux débats sur le forum pour dénoncer ces manquements ainsi que le projet de création d’une « Région » des français de l’étranger qui resurgit à l’approche des échéances électorales de 2012. Ne restant pas dans une opposition stérile, avec une poignée de militants nous proposons la création des conseillers consulaires et la suppression de l’AFE pour la transformer en « Association des conseils consulaires ». Les archives de FdM-adfe peuvent témoigner de cet engagement clair et « audacieux » face au discours dominant mené par les sénateurs de gauche et la totalité des conseillers de AFE du moment...dont un certain nombre, réélu en 2014, y siège encore !


 


En août 2012, suite à la victoire de la gauche, je décide de me présenter au C.A. de FdM pour défendre mes idées si minoritaires. Ma candidature fut largement rejetée par l’AG sous les sourires narquois de bon nombre de militants. ! Echec cuisant, mais prévisible ! La suite vous la connaissez . Quelques jours après cette AG mémorable, le ministre socialiste, Laurent Fabius, devant l’assemblée de l’AFE rejette sèchement le projet de créer une Région « monde » pour les FDE déclarant qu’il « s’interrogeait sur cet objet constitutionnel non identifié ». Quelle claque pour l’AFE et les sénateurs qui ont porté ce projet. Que croyez-vous qu’il arriva ? Allaient-ils démissionner après un tel camouflet public ? Et bien non ; réunis quelques jours après ce fameux discours les conseillers AFE adoptent un texte voté à l’unanimité pour organiser la « résistance » - LIRE LE TEXTE -


 


Vous pouvez imaginer le malaise de la nouvelle ministre des FDE issue de l’AFE et qui avait, comme conseillère puis sénatrice, défendu le projet « région » et qui se retrouve à imposer une loi combattue par ses amis d’hier ! Une rude bataille législative va s’engager de fin 2012 a juillet 2013 date du vote définitif de la loi. - LIRE le résumé -


 


J’ai espéré un instant que l’AFE allait vivre ses derniers moments. Mais la politique « partisane » l’a emporté : les députés et les responsables socialistes ont cédé en acceptant un compromis qui a mis en place les conseillers consulaires, pivot de la réforme et a maintenu une AFE affaiblie et en sursis


Voilà pourquoi après le scrutin de 2014 j’ai décidé de reprendre le combat contre des élus qui n’ont même pas la lucidité de s’interroger et de se remettre en cause mais je misais aussi sur l’arrivée de nouveaux élus pas forcément au courant de ce qui s’était passé et à qui je voulais m’adresser.


 


Aussi j’ai décidé de publier mon livre dans l’été 2016 et d’ouvrir mon site pour continuer à défendre mes idées et vous convaincre de la justesse de mes arguments. J’ai cru après 2017 que le nouveau pouvoir, qui en avait les moyens politiques, allait rapidement terminer le travail. Il en a décidé autrement. Peut-être comptait-il sur le scrutin prévu en 2020 pour avoir les mains libres et en finir avec cette réforme?


 


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