Lettre aux conseillers FDE - Fin de mandat suite et fin

12 mai 2021

      Savez-vous que depuis 2014 les conseillers AFE issus de la zone Européenne (UE et pays associés comme la Suisse) représent un peu plus du tiers des élus ? Que si on y ajoute ceux de l’Amérique du nord ils représentent 55 % des élus ???


 


     Ce qui constitue un grave déséquilibre dans la représentativité des « conseils consulaires » Des continents entiers sont sous représentés comme l’Afrique, l’Asie, l’Amérique Latine et le Moyen Orient. Bref, les pays développés sont sur représentés par rapport au reste du monde. C’est la conséquence d’un système de représentativité basé sur le poids démographique des communautés réparties à travers le monde. Il pénalise les petits consulats qui ont peu d’élus, souvent isolés dans de vastes conscriptions et qui doivent se sentir à l’écart et abandonnés et qui ne peuvent faire entendre leurs voix à l'AFE.


 


 

     L’histoire de la représentation politique des FDE nous démontre qu’il faut entre 30 et 40 ans pour mettre en harmonie les mentalités avec les évolutions sociologiques et culturelles du temps présent. Voilà bientôt 40 ans que la gauche a enfin « osé » accorder le suffrage universel pour élire les conseillers de l’AFE (ex CSFE) bien qu’ils ne peuvent avoir qu’une fonction consultative. La création des conseillers des FdE a été une belle avancée dans la lignée de celle de 1982. Achever la réforme de l'AFE maintenant vous honorerait.


 


Depuis le début des années 80 à aujourd’hui les communautés des Français de l’Etranger ont profondément changé : les doubles nationaux sont les plus nombreux, les français vivant dans un pays de l’U.E. représentent une communauté originale : sont-ils vraiment « des étrangers » ou des français européens qui n’ont pas grand-chose à voir dans leur quotidien et leurs attentes avec les français expatriés en Asie, Amérique Latine ou au Moyen-Orient. Et où classer ces communautés les plus importantes de Suisse, des USA et désormais du Royaume Uni ? Croyez-vous qu’ils vivent tous leur citoyenneté avec les mêmes besoins ? Il n’y a presque plus de ces « coopérants » des années 60/70 qui eux aussi vivaient une expatriation choisie, très souvent temporaire. Enfin un nombre non négligeable de FDE, vivant dans des pays comme l’Amérique latine et descendant d’émigrés venus dans ces pays depuis de très nombreuses générations au point de ne plus parler le français, quels rapports particuliers ont-ils avec la France ? Enfin, la pandémie a mis en lumière la situation de ces milliers de français partis à leur seule initiative, depuis environ deux décennies, à l’aventure de la mondialisation pour créer leur entreprise et qui aujourd’hui risquent d’en payer le prix fort.


 


Si on ne prend pas en compte cette grande diversité, souvent muette, c’est le discours d’une minorité « agissante » qui se fera entendre ( quelques dizaines de milliers de personnes ?) s’octroyant abusivement le droit de parler au nom de tous ( 2 à 3 millions?) imposant leur vision des "mondes des français de l'étranger" et parfois leur frustration de ne pas pouvoir vivre leur citoyenneté ou leur militantisme  « comme en France ».


 


 C’est pourquoi la proposition de permettre à chaque consulat d’être représenté à l’AFE par un conseiller désigné par ses pairs est un progrès démocratique qui ne pose aucun problème de « représentativité» puisque l’AFE n’est qu’une assemblée consultative qui serait d’autant plus « légitime » que tous les conseils consulaires seraient amenés à participer aux échanges et propositions vers le ministère. Budgétairement cette proposition est réalisable dans l’enveloppe financière allouée actuellement au fonctionnement de l’AFE.


 


La résistance à cette formule peut avoir deux sortes d’explication : le refus des partis politiques de se voir marginalisés dans un processus plus difficile à contrôler. Et celui, plus ou moins conscient, des élus de renoncer définitivement à un pouvoir délibératif de l’AFE, donc de renoncer au statut «  particulier » de ses conseillers qui cherchent à l’assimiler à celui des parlementaires ou autres élus territoriaux. Le cérémonial protocolaire adopté dans ses assemblées plénières ou en commissions (voir les procès verbaux sur le site AFE) est la copie conforme des méthodes en usage au parlement en particulier. Et pourtant, suivant l'adage," l'habit ne fait pas le moine". Ce qui me rappelle cette présentation faite sérieusement en 2009 par un ancien conseiller AFE devant une assemblée de militants en Algérie : «  l’AFE est la troisième chambre du parlement ». C’est «  drôle » mais tout est dit !


  


Et maintenant….?


 


      N'oubliez pas que, si vous reconnaissez le bon sens de la nécessaire "mutation" de l'AFE", la solution est pour l'essentiel entre vos mains. C'est vous, dans le secret de l'isoloir, qui déciderez du choix de ceux qui siègeront à l'AFE pour les cinq années à venir, temps largement suffisant pour "faire le changement".Et c'est vous aussi qui aurez la responsabilité d'élire six nouveaux sénateurs en septembre. Faites de votre vote une "arme démocratique", par votre choix éclairé ou en votant massivement blanc pour rejeter des candidats en quête d'un recyclage politique et prêt à tout promettre pour se faire élire. Les premières intentions de candidature qui s'annoncent pourraient le faire craindre. Ces deux campagnes, dont vous avez les clés entre vos mains, seront un bon test "de votre crédibilité".      


 


 Alors on vous écoutera !!!


 


  Vous trouverez ci-après des liens rédigés dans le cadre de la campagne en cours et qui résument sur quelques grands dossiers« ce que je  crois ». 


 


 - Un conseil consulaire peut-il être le "conseil municipal" des français de l'étranger ? LIRE    - La double représentation parlementaire pour les FdE est-elle encore justifiable ? LIRE


 


En conclusion ci-après une synthèse sur : "Français de l'étranger, quelle citoyenneté ?" qui résume bien mon vécu et ma conviction que "vivre en France et vivre à l'étranger" ce n'est pas pareil et qu'il faut en tirer toutes les conséquences et savoir l'expliquer à tous nos compatriotes vivant à l'étranger en parlant juste et vrai.


  


Jacques Saillant