Réforme des retraites

Quelques vérités....février 2020

26 janvier 2020

Le chantier est toujours en cours mais, quelle qu'en soit l'issue, il est bon de rappeler quelques vérités trop souvent occultées ou caricaturées.


 


         En 1945, une Sécurité Sociale unique devait être instaurée. Mais un certain nombre de professions ou de corps sociaux, ayant déjà mis en place auparavant leur propre système de protection sociale, n’ont pas souhaité le rejoindre par peur d’être moins bien couvert. Le régime général a depuis fait ses preuves et la tendance est à la convergence. On observe d’une part un alignement des prestations entre les régimes, et d’autre part des mécanismes de solidarité financière entre eux sans aller jusqu'à la fusion.


           


          Aujourd'hui, ces  corps de métier veulent garder leurs " régimes spéciaux" acquis dans la première moitié du XXème siècle....c'est à dire il y a au moins cent ans, voire plus ! Ce sont les mêmes qui aujourd'hui continuent à s'opposer à la réforme alors qu'en fait ils ont obtenu, discrètement et rapidement, de substantielles garanties. Ce qui veut dire que cette réforme maintient pour eux qui sont encore actifs (ex RATP, SNCF, EDF etc...) un régime "particulier" qui doit disparaître lorsqu'ils seront tous à la retraite. Cette transition est incontournable pour eux qui se sont engagés par contrat dans ces sociétés. Mais de là, à faire croire qu'ils poursuivent une grève dure -"on ne lâche rien" - pour défendre tous les autres travailleurs, on est bien loin de la réalité !  Personne ne leur a demandé de se sacrifier pour l'ensemble des salariés dont certains, en région parisienne, paient chèrement leur sacrifice en les privant des moyens de transport. En fait, ce mensonge entretenu longtemps, cache mal la manoeuvre politique de fédérations syndicales noyautées par l'extrême gauche et adeptes de méthodes violentes à la "gilet jaune". Leur combat est politique et prive les "autres, de loin les plus nombreux, de leur droit au travail.


 


           Et pourtant les français ont adhéré majoritairement à l'esprit de cette réforme. La société française a changé depuis 70 ans et ses exigences de justice et de solidarité supportent mal les inégalités de fait entre les français pour leur retraite. En reprenant à son compte, dans sa campagne électorale, l'idée d'instaurer un système universel le président a décidé, malgré une année de conflits sociaux et  d'affrontements, de l'inscrire au calendrier parlementaire de cette année 2020. Les erreurs de communication et certaines approximations n'enlèvent rien à son esprit. Elle est universelle dans ses deux principes fondamentaux , la solidarité et le système à points. Solidarité entre les générations par le principe de la "répartition", acquis social fondamental dès la création de la Sécurité Sociale. Et système à points cumulés tout au long de la carrière quel que soit le métier exercé. Des  bonifications seront attribuées pour prendre en compte les particularités de certaines professions dangereuses ou à risques pour la santé, ou de situations particulières comme le handicap, la maternité .... Autant de "différences" qui n'enlèvent rien au principe d'universalité -  mêmes règles pour tous et solidarité entre tous. La survie momentanée des "régimes spéciaux" n'est qu'une transition nécessaire et ne concerne qu'une minorité appelée à se fondre dans l'ensemble.


 


 


          Au débat parlementaire de fixer le texte de loi, aux partenaires sociaux co-gestionnaires des caisses de retraite de proposer de nouvelles règles pour le financement. Mais faudra-t-il prendre en compte les donnes actuelles de notre démographie - l'allongement de l'espérance de vie, moins de salariés et plus de retraités, évolution inéluctable pour encore des décennies. Le choix est difficile entre allonger le temps de travail ou augmenter les cotisations ou piocher -  pour combien de temps ? -  dans les réserves. Ceux qui nous proposent de prendre l'argent des patrons, des actionnaires ou des riches sont de dangereux populistes qui n'ont rien retenu de l'histoire du XXème siècle en oubliant qu'il ne peut pas y a voir de progrès social sans la démocratie républicaine.


 


 


           Comment le président de la république et sa majorité vont-ils s'en sortir ? La marche de manoeuvre est très étroite. La volonté présidentielle de mener à son terme ce projet est totale parce que, comme bon nombre de responsables politiques, syndicaux, associatifs et d'experts en matière de protection sociale, il sait que cette réforme est nécessaire dans l'intérêt des générations qui sont entrées dans la vie professionnelle depuis une ou deux décennies. C'est un choix de société, c'est un choix politique responsable, quitte à mettre en péril sa ré-élection. ? Ce qui ne manque pas de courage.