Une citoyenneté responsable

23 juin 2016

"Réclamer, au nom de l’égalité de traitement, à vivre à l’étranger une citoyenneté pleine et entière, comme si on vivait sur le territoire national, est un fantasme, un discours irréaliste, voire dangereux. Vivre à l’étranger une citoyenneté consciente et qui ne soit pas que « platonique », c’est possible, à certaines conditions.


L’application du principe droits et devoirs associés permettrait d’établir entre la France et ses citoyens de l’étranger des rapports plus clairs et plus sains. Quand un citoyen décide de vivre à l’étranger, il sait ce que la France peut lui apporter et ce qu’il doit assumer en partant. Quant à ceux, partis depuis longtemps ou double-nationaux, ils savent eux aussi clairement ce qu’ils peuvent attendre de la France et dans quelles conditions. Et tous auront un plus grand sentiment d’appartenir à une communauté de destin. C’est peut-être cette absence d’un lien « républicain » effectif avec la Nation qui serait la principale explication à la distance prise, plus ou moins consciemment, par bien des Français de l’étranger avec l’exercice de leurs droits politiques ?


N’est-il pas temps de considérer les Français de l’étranger comme des citoyens responsables, en ne cachant pas la vérité, et de les traiter comme tels ? En rappelant que, pour la majorité d’entre eux, l’expatriation relève d’un choix personnel dont ils assument toutes les conséquences, et qu’elle ne peut pas être récupérée par un enjeu politicien. Toute reconnaissance de leurs aspirations ne peut se faire que dans la dignité".